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 Le fait divers polyphonique : Collab

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MessageSujet: Le fait divers polyphonique : Collab   Lun 17 Nov 2008 - 22:36

Une nouvelle proposition de jeu de mots, moins longue que le voyage et sans nécessité de délais.

A partir d'un fait divers tout simple : Un homme a été trouvé mort , lardé de coups de couteau dans une ruelle.
Le décrire
1) de façon très journalistique, sans émotion
2) raconté à sa manière par une personne dans un bar , devant un public complaisant
3) par une personne proche de la victime (pas forcément quelqu'un qui l'aimait, mais en tout cas,qui le connaissait personnellement)
But du jeu : 3 points de vue , graduation de l'émotion.

Voilà. C'est quand vous voulez...
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MessageSujet: Re: Le fait divers polyphonique : Collab   Mar 18 Nov 2008 - 0:32

Je vous préviens c'est long !

1./

Etienne Durjot, un père de famille de 43 ans, a été retrouvé mort lundi soir vers 22 heures à 250 mètres de son domicile dans la rue Henri Merlanx à Plancusier-sur-Charoudes (Haut Bistoux). Ce sont des riverains de la rue précitée qui ont découvert son corps, lardé de 28 coups de couteau et baignant dans une flaque de sang, alertés par les aboiements continuels d'un des chiens du voisinage. D'après les premiers éléments de l'enquête de la gendarmerie carodoplancusienne l'homme revenait de son travail de banquier au Crédit Commercial Bistouquois un peu tard comme il était d'usage pour lui le lundi. Le brigadier-chef Bernard Choumion, récemment nommé dans le Bistoux (en août dernier), prévient d'ores et déjà que l'élucidation de cet homicide risque de prendre un "bon bout de temps" car celui qui a "sauvagement tué" (sic) M. Durjot n'a absolument "laissé aucun indice matériel" sur la scène de crime. Tout juste sait-on, grâce aux prélèvements effectués par le médecin légiste Ingrid Solapal, que les faits ont dû se produire aux alentours de 21h30 - 21h45 et ce directement dans la rue Merlanx puisqu'aucune trace de "trainées phulsapiques" n'ont été relevées autour du corps dans un rayon de 200m. Le brigadier-chef Choumion s'étonnant d'ailleurs à ce sujet que "personne dans le voisinage n'ait entendu les éventuels cris ou appels à l'aide du défunt" (sic). Etienne Durjot était marié à Philippine depuis 22 ans avec qui il avait eu deux garçons, Jocelyn et Philéas-John, âgés aujourd'hui de 19 et 15 ans et dont on peut essayer d'imaginer la douleur et l'incompréhension. Il était arrivé à Plancusier-sur-Charoudes pour diriger l'antenne locale du Crédit Commercial Bistouquois et on ne lui connaissait aucun ennemi. La gendarmerie, appuyée par les collègues de la PJ de Foucrannes, se prépare donc à une longue enquête de terrain qui devrait commencer dès aujourd'hui par des visites répétées à la famille et au voisinage.

Plancusier-sur-Charoudes, Ph. B.

2./ " - De dieu, il a mangé sévère Oncle Piscou ! 28 coups de vultueux dans le buffet, à croire que l'assassin voulait le découper en bâtonnets de surimi... il est tombé sur un représentant zélé du Ginzu 2000 ou de Laguiole l'animal... de Dieu... une flaque de sang ça comme, la Mer Rouge sur le bitume... et sans grumeaux ! Ouep, ça fait cher les aggios !

- P'tain Kiky, t'as une manière de raconter ça... je te mettrai pas sur la liste des invités à mon enterrement si c'est pour me débiner au cas où il m'arrive une crasse ! T'as la poésie plein les mots mais on lit de sales images sur tes lèvres. Allez, reprend un jaunard avant de distribuer le courrier feignasse !

- Attends, fais pas chier Riton, j't'ai connu moins prude... surtout avec la soeur d'Oncle Picsou... c'est vrai que c'est bizarre c't'histoire, quand-même... de Dieu, le mec on lui mandoline le bide pendant 5 minutes, il a dû gueuler tout le répertoire de Miss Agonie et peau de zob, personne l'entend... soit il y a de la contrebande de cérumen à Plancuche et tout le monde fait des réserves, soit le père Gilette il avait pensé grand tralala genre avec baillon en kevlar pour faire taire l'objet de sa distraction...

- ... t'es trop con Kiky, tu vas arriver à me faire marrer ! Je t'en repaye un ?

- ouais, pas de refus... non mais de Dieu, personne dans la rue Merlanx n'a entendu quoi que ce fût... euh, p'tain la conjug' façon Poivre d'Arvor... euh quoi qu'ce soit ??... Oh puis merde on s'en fout ! Oui donc, moi j'habite à 800m, j'ai rien entendu mais toi Nounours, t'habites rue Caposse, pas loin, t'as rien entendu ?

- que dalle, je ponçais les portes de mon armoire, tu sais celle qui puait la merde rapport à qu'elle était en noyer, jamais connu un bois qui puait autant la merde... bref... j'ai pris de la sciure plein la gueule, donc en plus de rien entendre, j'aurais rien pu voir... j'en ai foutu partout dans le garage, c'est Chantal qui a failli me découper moi après...

- ah... alors donc le mec, 28 coups de couteau, de Dieu... le gars qui l'a buté il fait ça peinard un peu avant 10h du soir, genre c'est sa passion et personne veut le déranger... il fait de la dentelle humaine le lundi soir pour se détendre... moi je dis que l'oncle Picsou il avait pas que des potes, il a dû en faire chier du nerveux du chéquier, il a dû mettre l'ambiance dans quelques familles... parce qu'à se pavaner en 4x4 avec sa Philippine, l'autre blondasse toujours étonnée de tout, parce qu'à rire de toutes les vannes de n'importe quel couillon qui a du fric, déjà il se noircissait le curriculum dans le village. Alors si en plus il emmerdait les brutes pour 3 centimes de découvert...

- t'as raison Kiky, moi j'suis au Crédit Com' Bistouquois depuis 10 ans, pas eu un problème avant que le Durjot se pointe avec son 4x4, sa blondasse et ses deux drôles aussi grands et secs qu'ils sont cons... une fois j'ai eu un "décalage" dans mes comptes et il a sorti l'armada : coups de fil à 10 heures du soir pendant 2 semaines, lettres de menace. Je t'assure, tu m'aurais mis des ciseaux à cranter dans les pognes à cette époque, je t'en faisais une ribambelle souvenir...

- ouais je te comprends Nez de Boeuf, mais là, c'est pas juste buter un gars... de Dieu... c'est limite un rituel vaudou, satanique, ou je sais pas un truc de négro quoi !

- ta gueule Kiky, j'suis Martiniquais et je t'emmerde !

- 'scuse Basile, toi c'est pas pareil même si t'as un prénom à la con, tu bois des coups avec nous, puis t'es bon au foot ! Non mais, on peut en vouloir à son banquier ou à une personne sans en arriver là... mais je reste intrigué par le fait que...

- ... rooh, l'autre ! "Je reste intrigué par le fait"... bravo, Monsieur Kiky fait dans les phrases de l'Académie Fraaaaaançaise !

- ta gueule Nounours, moi au moins j'ai pas d'armoire qui pue la merde et j'ai encore moins peur de la dondon que t'appelles Chantal ! Ouais donc, j'trouve ça extrême comme façon de faire... personne ne mérite un châtiment pareil... Oncle Picsou ou pas... puis oui, intrigué par cette histoire de "personne n'a entendu"... j'suis pas sûr que Choumion nous ait tout dit sur l'histoire. Moi d'après ce que je sais...

- ... et c'est parti, v'là "Kiky Nostradamus", m'sieurs dames...

- ta gueule j't'ai déjà dit ou je te fous ta sciure dans le fion, je te retourne, je te secoue, et on te vendera en boule de neige comme cadeau souvenir !! P'tain t'es lourd Nounours... oui donc, d'après ce que je sais, il s'était pris la gueule le Durjot avec un épicier marocain genre 3 jours avant de se faire étendre... faut dire que tout marocain qu'il est l'épicier, il s'est fait des potes sur Plancuse... j'dis pas que c'est lui qui a cherché du pétrole dans dans le ventre de Picsou mais quelque chose me dit qu'il y est pour quelque chose...

- ta prose s'essouffle Kiky mais ton racisme s'affirme, c'est beau à voir...

- p'tain, non, c'est pas qui soit marocain qui me fait dire ça mais bon l'épicier... c'est quoi son nom déjà... Rabdoulah Kader Jamel ? Mustapha Aziz... j'sais plus

- c'est Idriss, tête de noeud !

- oui, ben le Idriss moi je vous dis qu'il est dans le coup... dans le coup-teau même ! Ah ah...

- bon Kiky, t'as vu l'heure ? Le courrier ? "Facteur presse le pas, l'amitié n'attend pas"...

- on me l'a jamais faite celle-ci... bon ok, j'emmerde tout le monde, je me casse, on en reparlera plus tard.

3./ "Je connaissais bien m'sieur Darjot... un homme très intègre, pas un mot plus haut que l'autre. Puis bien habillé... oui, toujours bien habillé. Faut dire qu'il faisait un métier important. Donc fallait être bien habillé... ah... j'ai du mal à l'imaginer mort là, comme ça, tué si sauvagement. Il était tellement gentil, tellement gentil. Puis sa femme, la pauvre, si jolie, si gentille... toujours à poser des questions parce qu'elle s'intéresse à tout. Puis elle l'aimait son mari. Oh oui, elle l'aimait. Vous savez, c'était mes voisins, alors j'avais beau pas être curieuse, mes vieux yeux parfois me désobéissaient pour regarder ce qui se passait en face. Ils s'aimaient comme des enfants. Vous savez, moi je vois les gens qui s'aiment. C'est pas dans les mots qu'il y a de l'amour, c'est tout autour. C'est pas dans le regard non plus, c'est tout autour. Je sais pas si vous me comprenez. C'est quelque chose qu'on voit pas, qu'on dit pas, mais qu'on ressent. Et Monsieur Darjot quand il apportait des fleurs à sa dame, il remplissait un peu plus l'espace de son amour pour elle. Les fleurs c'était pas un cadeau, mais un signal... pas une preuve d'amour mais un millième rappel. Ah voui... oh, ça rend bien triste... ce bonhomme si gentil, si attentionné... même à moi il en a offert des fleurs, juste pour me faire plaisir. Feu mon époux ne m'offrait jamais de fleurs... oh bien sûr, parfois il savait être dur en affaire Monsieur Darjot mais c'était son métier, faut bien le comprendre. Il aimait faire les choses bien, voilà... puis ça l'argent hein, ça pose toujours problème. Pourtant Monsieur Darjot il aimait pas l'argent plus que ça... il disait "c'est pas l'argent que je garde mais bien plus, c'est les études futurs d'un enfant, c'est un projet de maison, c'est l'espoir de changer de vie, c'est les sacrifices d'une vie mis en économies"... il avait raison, c'est les gens qu'il préservait, pas leur argent. Puis là, 28 coups de couteau dans la petite rue... puis personne pour l'entendre... quelle humanité misérable... personne pour l'aider alors qu'il a dû crier... j'ai mal en imaginant ça, j'ai mal pour sa gentille femme et ses deux grands... z'ont plus de papa... puis comment qu'ils vont vivre ça... vont vouloir se venger un jour ? Pff... si on retrouve le malade qui l'a tué... mais on le retrouvera jamais... les gens qui pensent à nous et ben on les oublie, on les laisse tomber... on se rappelle plus de ceux qui nous ont fait souffrir... mais moi Monsieur Darjot je l'oublierai pas. "Oncle Picsou" comme les ivrognes du bar l'appellaient... puis sa femme qui n'arrêtait pas de pleurer, vraiment ça m'a fait de la peine. Ils ont jamais été acceptés ici, elle on la jugeait trop coquette, trop superficielle... lui on comprenait pas pourquoi il prêtait de l'argent aux épiciers arabes... monsieur Darjot il disait que partout où l'on soutenait le petit commerce ça faisait comme rajeunir les lieux. C'est vrai que prêter autant d'argent à un musulman ça a fait jaser, surtout que Monsieur Darjot il avait refusé de sponsoriser le club de foot... mais il était comme ça Monsieur Darjot, intègre et juste... il va nous manquer, mais c'est à sa femme que je pense... elle est si gentille... ils étaient si gentils... à moi aussi on a donné des coups de couteau finalement... quelle triste histoire."
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