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 Critique d'album.

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MessageSujet: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 16:00

Hello Peuple.

Aujourd'hui je vous propose un thread dont l'idée me traînait en tête depuis quelques temps.

Un thread critique d'album.


Dans ce topic, vous présenterez un album (récent ou non, c'est vous qui voyez).

C'est a dire, donnez:

-Le nom de l'artiste
-Le titre du cd
-La date de sortie
-La liste des chansons
-Une image de la pochette si possible (vous pouvez aussi critiquer l'aspect visuel hein)
-ET surtout une critique nuancée, points forts, points faibles. Même si vous adorez ce cd je pense qu'il doit y a avoir une faille quelque part.


Voilà, voilà.
Je sais qu'il y a pas mal de fans de musique, alors faites partager vos opinions.


[Et pitié, pas de pugilat, ce n'est que de la musique hein]
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pierre-o
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 17:25

ah ça, ça m'intéresse... !! Bonne idée... à vos plumes !!! Je crois malgré tout que c'est difficile parfois de faire dans la nuance subtile, de trouver véritablement des failles sur des cd qu'on aime (parce qu'en général, j'imagine - peut-être à tort - qu'on tendance à 'critiquer' les cd que l'on aime et leur trouver peu, ou carrément pas, de failles).
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Cobaye
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 19:13

Nine a écrit:
-ET surtout une critique nuancée, points forts, points faibles. Même si vous adorez ce cd je pense qu'il doit y a avoir une faille quelque part.

Je salue l'initative, mais je crache littéralement sur refuse ces qq lignes.

Pourquoi faut-il tjrs essayer de chercher/extirper/inventer des "failles".
Pour se la jouer philosophe-érudit qui a compris le sens de l'oevre et sa paradoxale dichotomie intrinsèque au hiatus allitéré?

Pourquoi faut-il présenter un disque en suivant un cahier des charges : texture de la bidoche, conditionnement sous célophane, date de péremption des mélodies...

Moi ce que j'attends d'une chronique, ce n'est pas sa dimension informative. Je veux que ça palpite, je veux sentir de la vie sous les mots, que ça suinte d'émotions, que certaines anecdotes soient saupoudrées par-ci par-là...

Mais merde, on va encore dire que j'ai enclenché le mode "diktat". T,T
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Plumy
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 19:38

On se doute bien que par cette indication, Nine veut surtout éviter les critiques styles "bon alors voila l'abum de machin, il est trop fort trop beau parfait, et celui de bidule, qui est trop caca".
Tout est une histoire de nuances et d'extrèmes, encore une fois...
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 21:17

J'aime bien l'idée :)
J'ai déjà fait pas mal de chroniques pour un forum de metal (dont beaucoup d'albums de non-métal), mais je vais pas les poster en bloc comme un malade ce serait illisible...
Donc si yen a quelques-unes dans le tas qui vous intéressent, demandez moi^^.
Le seul problème c'est pour les dates de sortie, je les ai jamais indiquées...
Bon alors moi j'avais fait :

GWAR - War party
Rob Zombie - HellBilly Deluxe
Count Nosferatu Kommando - Ultraviolence (Über Alles)
Aphex Twin - Drukqs
Aphex Twin - I Care Because You Do
Aphex Twin - Richard D. James Album
Aphex Twin - Windowlicker
Squarepusher - Squarewindow EP
Squarepusher - Big Loada (US release)
Bumblefoot - Normal
The Future Sound Of London - Lifeforms
Sunn O))) - Black One
Nile - Annihilation Of The Wicked
Belphegor - Lucifer Incestus
Blind Guardian - A Night At The Opera
Isacaarum - Shibari Kata And Other Practices
Strapping Young Lad - Alien
Napalm Death - Enemy Of The Music Business
Bloodbath - Nightmares Made Flesh
Agoraphobic Nosebleed - Bestial Machinery
Cephalic Carnage - Anomalies

Donc voilà si yen a une de tout ça qui vous intéresse (hum), demandez moi^^.

Mais pour pas être hors-sujet et pour inaugurer, voilà ma dernière chronique :)

UMBRA ET IMAGO - DUNKLE ENERGIE
(3 septembre 2001)



Genre : Goth rock

Tracklist :
1 - Intro
2 - Feuer Und Licht
3 - Dunkle Energie
4 - Mein Buch
5 - She Is Calling
6 - Scwheigen ist gold
7 - Dyonisos
8 - Taurig
9 - White Wedding
10 - TV macht krank
11 - Outro


Umbra et Imago, groupe assez peu connu, adeptes du "plus goth tu meurs" et pionners du sex on stage :D
Mais si le groupe est assez orienté live (tu m'étonnes :D ), il n'en reste pas moins assez intéressant à écouter et rafraîchissant.
Après une intro... inquiétante (choeurs d'église, voix en cailloux de prêcheur sataniste, ambiance scout toujours donc), l'album commence à déverser son bon gros rock, à base de riffs simples mais très très à-propos et impeccablement exécutés et utilisés, quoique parfois un peu brouillons et trop légers dans la forme, ils servent en effet parfois un peu de plage sonore de fond plus que de vrais riffs.
Le synthé a une belle part pour, faut avouer que c'est utile pour poser des bien belles ambiances. Ya aussi, je pense quelques instruments en plus, sur "feuer und licht" on entend une cornemuse et je ne sais toujours pas si il s'agit d'une vraie ou non, et en fait, c'est vrai qu'on s'en bat les glayeuls.
La voix, un des points fort de Um&Im, est souvent très rocailleuse, mais sait aussi mélanger à cette apparence rugueuse une profondeur parfois très bien menée. Alors en plus on a des choeurs "rammsteiniens" (désolé mais ça m'a vraiment évoqué ça une fois ou deux^^) de temps à autres, moi j'aurai tendance à dire sans-faute au niveau vocal, cet album.
Au niveau des mélodies, elle font souvent un peu popgoth, mais toujours avec une sorte de parfum délavé, très agréable pour nos papilles auditives.
Les basses savent s'imposer quand nécéssaire ("Schweigen ist gold"), la production de l'album est donc très très propre, voire même franchement bien quand il le faut. Donc très honnête à ce niveau là aussi.
La batterie remplie bien son contrat, assez entraînante mais pas de zèle non plus, c'est sûr que c'est pas Travis Barker non plus :D
Les plus graves défauts que l'on pourrait reprocher à cet album, c'est le côté je serai plus dark que toi qui amène parfois à des dérives kitsch ou même pire, cucul. Ca reste assez rare.
Parfois également, on ressent un sentiment proche du j'me fais chier sur des plans un peu longs, ça va on a COMPRIS, ABREGE !
Mais ça reste bien peu face aux qualités de cet album.
Une excellente surprise donc, un album honnête que je vous conseille un jour où vous vous sentez indulgents et ouverts !

Note : 7/10

A écouter en priorité :
2 - Feuer Und Licht
9 - White Wedding
10 - Schweigen ist Gold

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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 21:20

Plumy a écrit:
On se doute bien que par cette indication, Nine veut surtout éviter les critiques styles "bon alors voila l'abum de machin, il est trop fort trop beau parfait, et celui de bidule, qui est trop caca".
Tout est une histoire de nuances et d'extrèmes, encore une fois...

Exactement.



EDIT: Merci Pins, superbe critique (même si je ne connais ab-so-lu-ment pas ce groupe.. )
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K4
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 21:46

Mais oui mais ça c'est Pins, c'est pas pareil...

[Je le vois enfler de ma putain de chaise]
[Et les critiques de livreuuuhh ? T,T Yaura personne pour les lire *non non* ]
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pierre-o
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 23:13

Bien joué Pins et bravo d'avoir été le premier à te lancer... autant ta critique me donnerait éventuellement envie d'aller trainer mes oreilles du côté de ces rockeurs sortis de 'Vendredi 13' (version roumaine), autant la pochette me fait super peur dans le sens 'si la musique est de la même qualité que la pochette...aïe' (j'attache un peu d'importance au visuel aussi, mais là t'y es pour rien... enfin j'crois :D ). De toute façon ces groupes font tout eux-mêmes, et on est pas obligés d'être un designer de génie pour jouer dans un groupe... en tant que lecteur exigeant et assidu de chroniques de cd, j'aurais aimé qu'en plus de la forme tu nous parles aussi un peu du fond dans la mesure du possible (mais tes connaissances en allemand doivent être limitées comme tout à chacun je suppose).
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Pins
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 23:32

Merci bien !

Ben ouai, je parle très rarement des paroles *confus* ... Mais c'est vrai qu'ici, vu qu'elles sont en allemand et en anglais inintelligible, j'aurai pas pu dire grand-chose ^^.
Autant la musique est sympa, autant les paroles se rapprochent plus de la pochette je pense :D...
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 23:37

Merci qui pour la traduction ? :D
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pierre-o
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 3 Nov 2006 - 23:39

A mon tour...

Le monde anthracite de Diabologum se nourrit d'un paradoxe bien connu : l'attirance qu'on peut avoir des choses laides, cette envie aussi de flirter avec l'interdit. Diabologum n'a peut-être gardé de l'insouciance de l'enfance que la phonétique amusante de son nom qu'on voudrait mâcher pour faire des bulles bien roses, bien élastiques. Pourtant Diabologum est bien un groupe d'êtres humains (du moins je le crois) qui vit bel et bien sur notre planète. Peut-être n'ont ils pas les mêmes yeux que nous pour nous décrire mille choses effrayantes, un quotidien épais et angoissant qui nous prend entre des tenailles rouillées.

Dans son album "#3 - Ce n'est pas perdu pour tout le monde", le gris du décor ne manque pas pourtant de profondeur et joue sur les nuances pour donner corps à des espèces de chroniques de notre temps. La recette de ce groupe (d)étonnant est une musique crasse, épaisse comme une boulette de pétrole sur une plage bretonne, travaillée, voire burinée par un vent expérimental. Les guitares sont des coups de matraques, ou font dans l'aliénation mécanique à reprendre des motifs à l'infini. Et par dessus tout ce mal-être viennent se plaquer des voix blanches, monocordes et autoritaires. Derrière chaque mot se cache comme une punition voire une claque. Diabologum ne chante pas, Diabologum frappe. En effet, le groupe utilise le chant parlé pour se faire entendre et prend un plaisir limite masochiste à détruire les canons du rock pour qu'on le déteste un peu plus...


Oui, c'est sous une forme pédante et assurée que se succèdent les morceaux de "#3", le groupe veut qu'on l'écoute et se débarasse des effets charmeurs d'un chant "trop" mélodique pour agiter comme un squelette très efficace des textes édifiants, glaciaux mais surtout d'une incroyable poésie moderne toute en finesse... c'est galoper sur un grand Dada si je puis dire. Diabologum fait dans l'allégorique, ainsi l'apparemment incompréhensible "De la neige en été" nous raconte l'histoire des masses grégaires que plus rien n'étonne et qui ne savent plus réagir ("Il est trop tard / et personne n'a rien dit") et dont la seule issue possible est, in fine, la destruction. "Il faut" est un pamphlet contre l'art officiel, celui des Van Gogh si respectable, celui qui se rit des arts prétenduement plus pédants qu'eux. Magnifique manifeste nihiliste, il nous apprend que l'Art ne peut vivre que dans sa constante mise à mort ("on dit que l'art est mort, mais il ne l'est pas encore, il faut le tuer"). Tout un programme mortel téléguidé par un délicieux 2è degré. Diabologum adore passer pour un donneur de leçon, là encore pour qu'on le déteste un peu plus. Dire de Diabologum qu'il est un groupe engagé est à la fois impropre et incomplet, Diabologum expose des faits la plupart du temps et comme ils s'inscrivent dans un temps de crise, forcément le paysage semble bouché. "365 jours ouvrables" fonctionne comme un journal intime d'une jeunesse post-adolescente désabusée qui entre brutalement dans l'âge de la maturité, là où les illusions passées nous reviennent en pleine face pour nous signifier qu'elles ne verront jamais le jour ("A part gâcher sa vie / Il n'y aura rien à gagner ici"). Une sorte de chanson à la Saez en beaucoup plus fin, plus abouti et sans autosatisfaction...

On comprend donc que sur cet album Diabologum fait un peu tousser... de là à n'en faire qu'un agitateur social avec des effets sentencieux il y a un pas qu'il ne faut pas franchir. En effet, Diabologum est avant tout un groupe passionné de musique, en constante recherche, perfectionniste et surtout très doué ! Il ne faut pas non plus négliger la grande part de ludique dans leur façon de faire, ils aiment utiliser çà et là des samples par exemple ; ils savent créer aussi des émotions saines et spontanées, reste pour s'en convaincre à écouter le magnifique morceau intitulé "La maman et la putain" qui reprend un monologue culte du film de J. Eustache du même nom (1973) en y ajoutant une musique très poignante. Ce morceau à lui seul pourrait justifier l'achat de cet album sombre, dérangeant, mais véritablement unique dans le paysage musical français voire mondial... sans vraiment exagérer. Arrivant juste après "Le goût du jour" (un album pop-rock banal mais réussi) dans la discographie du groupe, ce "#3" a ouvert une brèche. Il devient alors dérisoire de dire que Diabologum est mort aujourd'hui mais continue a faire des émules.

[Après Diabologum les ex-membres du groupe sont allés chacun de leur côté créer leur propre projet, d'un côté on trouve Experience, de l'autre Programme.]





DIABOLOGUM - "#3 - Ce n'est pas perdu pour tout le monde" (1996)

1. De la neige en été
2. Il faut
3. Les angles
4. Une histoire de séduction
5. A découvrir absolument
6. 365 jours ouvrables
7. Dernier étage
8. La maman et la putain
9. Un instant précis
10. Blank generation

Extraits/streaming ici > Diabologum
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Cobaye
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Sam 4 Nov 2006 - 11:01

pierre-o a écrit:
morceau intitulé "La maman et la putain" qui reprend un monologue culte du film de J. Eustache du même nom (1973) en y ajoutant une musique très poignante. Ce morceau à lui seul pourrait justifier l'achat de cet album sombre

Je ne suis pas sûr de comprendre...
Le script est de 1973 ou la voix de la fille est tirée d'un film de 1973?

J'aimerais beaucoup que tu chroniques les albums de Programme.
C'est très agréable de te lire lorsque tu parles musique.
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Mar 7 Nov 2006 - 12:03

Cobaye a écrit:
pierre-o a écrit:
morceau intitulé "La maman et la putain" qui reprend un monologue culte du film de J. Eustache du même nom (1973) en y ajoutant une musique très poignante. Ce morceau à lui seul pourrait justifier l'achat de cet album sombre

Je ne suis pas sûr de comprendre...
Le script est de 1973 ou la voix de la fille est tirée d'un film de 1973?

J'aimerais beaucoup que tu chroniques les albums de Programme.
C'est très agréable de te lire lorsque tu parles musique.

La voix de la fille est tirée du film.

Programme est bizarrement plus experimental que Experience.

Sinon, vous m'en voudrez pas de ne pas poster des chroniques ici, j'en ecris deja plein pour mon webzine. Donc si vous voulez me lire autant aller sur Papercuts (http://papercutswebzine.wordpress.com)

(et hop! un petit coup de pub au passage !
:D )
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Mar 5 Déc 2006 - 18:38

Up ;p

Das Ich
CABARET & VARIETE





Genre : Dark wave
Tracklist :

CABARET :

Moritat
Atemlos
Macht
Paradigma
Fluch (ahnung)
Opferzeit
Schwarzes Gift
Nahe
Zuckerbrot und Peitsche
Cabaret

VARIETE :

Cabaret Stillste Stund
Paradigma Club
Atemlos Amplified
Fluch Oraculo
Zuckerbrot und Peitsche Cephalgy
Opferzeit Crux
Macht Confusmix
Nahe Ptyls s.o.b industrie
Moritat Adversus
Opferzeit Fabrikc
Paradigma Elfengrab
Paradigma Ptyls Gix Shix
Atemlos Seelenzorn
Atemlos Metallspuerhunde
Atemlos Soul In Sadness
Atemlos Ptyl



Enthousiasmé par les diverses productions de ce groupe, c'est avec une bienveillante assurance que je posai une oreille sur leurs deux derniers-nés, le dyptique Cabaret et Variete.
Pourquoi 2 albums ? Das Ich semblent avoir pris l'habitude de sortir un album original et ses remix séparées.
Das Ich, groupe allemand de Dark Wave (electro gothique) est composé de deux membres à temps plein et un tiers pour les concert (ayant officié dans Rammstein il me semble). Les deux acolytes agités, Bruno Kramm (composition) et Stefan Ackermann (chant) n'en sont pas à leur bout d'essai. Albums et singles confondus, ils ont déjà sorti 12 cd depuis 1991.
Et ça se sent.

Pour aller droit au but, ces albums m'ont plu. A travers Cabaret, nos Das Ich subliment toutes leurs idées précédentes. Des compositions énergiques, groovy et mélodiques, la voix de damné d'Ackermann, qui accroche et décortique chaque mot... Et après on s'étonne que l'allemand soit dit guttural ! Les rythmes ne sont pas si simples que ça (même si souvent ils restent binaires), renforçant la mélodie et l'ossature de la musique de façon géniale, fournissant aussi un appui considérable qu'exploitent à fond les parties vocales jouant sur les contretemps dans la décomposition des syllabes (Opferzeit). Parfois, Stefan est assisté de son claviériste pour les chants sur les refrains. Le Bruno a une voix très mélodieuse qui se mêle bien tout en contrastant avec celle de Stefan.

L'ambiance de Cabaret est macabre et poisseuse. Les mélodies sont entraînantes mais une dissonance ici et là rappelle que si la musique de Das Ich est subtile, elle n'en est pas moins indéniablement sombre. Après la double écoute de Cabaret & Variete, ne vous attendez pasà avoir une humeur primesautière...
Cabaret résume, synthétise, distille en fait l'oeuvre de Das Ich, sans pour autant rendre le reste obsolète. AU niveau de leurs compositions, ils auront un avant et un après Cabaret, c'est certain.

Variete, vous l'aurez compris, est l'album des remix des tracks de Cabaret. Je ne m'attendais pas à du fameux pour tout dire (ben oui, moi les remix...) ; mais une fois encore, ils ont fait fort.
Le duo infernal, non content de se maturer au niveau compo, prend aussi lla peine de remixer à merveille ses trouvailles. Chaque remix est presque une nouvelle musique. Loins d'être des copies avec plus de basses et moins de mid, les mix de Das Ich constituent plus des suites, des séquelles aux originales. Vous en revoulez ? Ben reprenez-en ! Recréant des mélodies rappelant l'ambiance originale mais avec un filtre différent (Cabaret Stillste Stund mix), voire même parfois une version encore plus aboutie de quelques ébauches mélodiques présentes sous forme d'embryon dans l'original (Moritat adversus). Leur technique de la remix est bouleversée et transcendée. Ils ne reculent devant aucun artifice, certaines musiques ressemblant même franchement à de la dance, mais sous l'éclairage Das Ich, elles ont vraiment quelque chose de plus, vous voyez ? Non ? Tant pis.

Das Ich, dans ce dyptique, nous offrent une oeuvre aboutie, achevée, efficace ET profonde, réécoutable et pleine de tubes en puissance... A mon niveau, rien à reprocher. Sans doute une nouvelle référence de la Dark wave. Certains critiqueront un côté "pop" indéniable, mais que je trouve assez indispensable dans des albums nommés Cabaret & Variete...

Note : 9.5/10

A écouter en priorité :
Cabaret :

Atemlos
Opferzeit
Cabaret

Variete :

Cabaret stillste stund
Moritat Adversus
Atemlos Seelenzorn
Zuckerbrot Und Peitsche Cephalgy


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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Mar 5 Déc 2006 - 20:46

(Merci Pins *pouffe* Je pense que ma 'critique' va être beaucoup moins aboutie, mais bon...)

Bon, j'me suis dit que vu que j'ai lançé ce topic j'pouvais au moins y contribuer. Je vais donc vous faire partager mon coup de coeur du moment.


SHAKAPONK
Loco Con Da Frenchy Talkin'

Edel Records - Sortie en mai 2005





● Eh là Mala LAMA LAïco ●
● Tekno Kills ●
● Skid1 ●
● Disto Cake ●
● Body Cult ●
● My Boom ●
● Watch'ha ●
● Dot.Coma ●
● Da Teen Town ●
● Hell'O ●
● Spit - low ●
● Skid2 ●
● Fonk ME ●
● a "Popa Buya Boosta" can ●
● Spit ●
● SONIC ●




Shakaponk, groupe français, résidant à Berlin et chantant dans un charmant mélange d'anglais et d'espagnol. Ne cherchons pas.

C'est l'oreille innocente comme l'agneau qui vient de naître que je me suis rendue cet été à un festival (le Musikair) à Montargis [45]. Profitant d'avoir un festoch dans le patelin d'a coté, toute la faune locale avait rappliqué sans même regarder l'affiche. Et sur cette affiche figurait cette année un nom étrange "ShakaPonk" ... *confus*
Réaction de base "C'est quoi???" Alors là, bonne question! On en entendait des vertes et des pas mûres sur ce groupe français mais allemand, super connu mais dont personne n'avait jamais entendu parlé.

Enfin bref, ce soir là, j'ai été époustouflée par une prestation live qui valait son pesant de cacahuètes salées. Ni une ni deux (ni même trois) j'me procure le cd et là, LA CLAQUE.


●Loco con da frenchy talkin' est le premier album de ce groupe atypique. Cette petite galette mèle joyeusement rock, sons électro, l'anglais, l'espagnol, la musique ethnique et un sens du rythme assez ... particulier.
L'ambiance est festive et bougeante. Ca donne envie de se remuer les fesses ou d'headbanger. Les titres s'enchaînent à une vitesse hallucinante, sans véritable coupure (même lorsqu'on passe d'un Body Cult effréné à un My Boom latino-funky à la gratte sèche)
Cet album est tout sauf prise de tête ou prise de parti. Pas de blabla et de grandes envolées lyriques, on est pas là pour se prendre au sérieux et ça s'entend.
C'est groovy, ça bouge, ça veut rien dire. Bref, j'adore.
●L'album est servi par un véritable univers visuel. Le singe blindé sur la pochette est Goz, la mascotte du groupe qu'on retrouve aussi en concert. Les clips (fournis sur le cd) sont pour la majorité de vrais petits bijoux (notamment celui de Fonk Me).
●Côté musique, on accroche à la première écoute sur le single Fonk me et sur la petite ribambelle de tubes en puissance tels Tekno Kills ou Body Cult.
Puis on y prete une oreille plus attentive et on se retrouve avec un album d'une homogénéité parfaite malgré la diversité de ses sons et influences.
Ainsi, on tombe sur Spit Low, remix ou version non-remixée du morceau Spit. C'est là qu'on se prend en pleine face le génie de ce groupe qui arrive à faire d'un morceau d'une langueur incroyable un véritable hymne au stress (ou inversement) d'ailleurs, cette chanson en version rapide et rock se retrouve sur la BO du film Dédales.
On s'approche parfois de la techno des années 90 pour tout de suite repartir dans une ambiance super groovy (Body Cult) . Les paroles sont là plus pour la sonorité que pour autre chose, le mélange latino-anglais ne signifiant rien de toutes façons.

Le mot pour résumer cet album est 'fusion'. Car on a vraiment ici la fusion de différents styles, de différentes ambiances... Ca pourrait partir dans tous les sens et donner un rendu très brouillon, mais non. On sent qu'ils ont eut le temps de méditer cet album en démarchant les maisons de disques.

Le petit plus: L'ambiance en live est tout aussi énergique et déjantée, cependant les chansons prennent toute leur ampleur avec un son moins electronique. Deux facettes du groupe.

Le petit bémol: Le côté très 'bidouillé sur l'ordi' risquerait de fatiguer rapidement certains.


Ma note: 9/10


A écouter:
Body Cult
Sonic
Hell'O
Spit & Spit Low
Fonk Me


WWW.SHAKAPONK.COM
(Baissez le son pour ne pas perdre un tympan en route, puis cliquez au dessus)
Sur leur site, consultez la rubrique Mo'vee, vous tomber sur 3 clips (non, pas croyable?). Dans Mu'zeek, en cliquant sur les pitites nétoiles, vous aurez le droit à des extraits.
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 8 Déc 2006 - 22:20

Sympa dans l'emsemble, dit pierre-o t'en fait souvent?
tu semble avoir un structure bien défini!
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 8 Déc 2006 - 22:59

Citation :
(Merci Pins Je pense que ma 'critique' va être beaucoup moins aboutie, mais bon...)

Spa difficile faut placer au moins deux fois "efficace", "profond", "riff", "track" et ayé c'est hype ;p
j'dec merci ^^

Par contre au niveau le cabaret&variété pour commander le boxset c'est un bordel innomable si on cause pas allemand :D
Sinon je vais peut-être paufiner une chro d'In Slaughter Natives, c'est de l'ambient mais ça peut ptêt vous intéresser, c'est vraiment sympa :)
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Sam 9 Déc 2006 - 12:30

Pins a écrit:
ambient mais ça peut ptêt vous intéresser

*oui oui*
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pierre-o
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Lun 11 Déc 2006 - 13:26

43% a écrit:
Sympa dans l'emsemble, dit pierre-o t'en fait souvent?
tu semble avoir un structure bien défini!

c'est un exercice que j'aime bien faire, pour me la péter :D Non, en fait je suis tellement passionné de musique et j'ai tellement lu de critiques de cd depuis que j'ai 11 ans que je me suis fait à ce langage... j'aurais adoré faire ce boulot, critiquer des cd en les écoutant gratos, pour moi c'est la définition du bonheur !! De plus les études littéraires que j'ai faites m'ont aidé à me tenir à une petite rigueur formelle (l'habitude de pondre des dissert de 15 pages, ça aide !!)
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Mar 12 Déc 2006 - 22:22

Citation :
pour moi c'est la définition du bonheur !!

Ca entre aussi dans la mienne, j'ai toujours adoré partager ce que j'aime et faire découvrir aux autres.
Je pense que c'est la rigueur formelle qui me manque :D
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Jeu 14 Déc 2006 - 13:44

ouais en vivre ça serait le pied mais bon.


1989
Ministry - The Mind Is A Terrible Thing To Taste

Genre : Metal Indus


89, ça remonte à loin… 1989, Ministry devient le Ministry que l'on connaît, avec ce son électronique répétitif, organisé ponctuer de guitare Métallique abrasive nourrit dans ce Chicago, ville industrielle et froide, par la musique de Big Black. Comme une machine qui vous écrabouille la gueule et vous scie le pied en même temps.
Big Black, groupe de Steve Albini, méconnu va réellement pénétrer le groupe Al Jourgensen et Paul Barker pour en modifier littéralement la façon de faire sa musique. En 1988, sortie de The Land of Rape And Honey, Ministry déclare l'ère du Metal Indus ouverte et loin de là les débuts New Wave/Synth Pop de With Sympathy semble ne plus appartenir au même groupe.

Au-delà du presque concept-album Psalm 69 adulé par les foules, The Mind Is a Terrible Thing to Taste est pour moi le meilleur de Ministry. Depuis tout ce temps il n'a pas pris une seule ride, on ne peut pas en dire autant des autres! Et si The Land of Rape And Honey avait mis une grosse claque de par la nouveauté de ce mélange psychotique EBM et Metal, celui paru l'année suivante rapprochait encore un peu plus la frontière entre ces deux mondes. Cet album suit l'évolution naturelle du groupe à savoir mettre de plus en plus les guitares en avant mais sans devenir encore les réelles maîtres à bord. L'évolution majeure ici tient dans la rythmique, aussi bien dans les samples ou du synthé couplés en boucle, qui au lieu de devenir lassant et rébarbatif prennent tout leur sens pour rendre les titres entêtants et hypnotiques, qu'au niveau de la batterie qui gagnant en complexité donne de la profondeur et du volume à cet album.
L'aspect boite à rythme est gommé, Ministry ressemble de plus en plus à un groupe Rock et à fortiori Métal.

Niveau chansons, on est clairement servis, 9 titres pour 50 minutes Al Jourgensen s'en donne à cœur joie. Nihiliste, tordu, défoncé, dérangeant, il dénonce, parle de ce qui le perturbe dans la vie qui l'entoure ou dans la sienne. Intro boulonneuse à air comprimé, "Thieves" secoue par son caractère politique, défiant la corruption et autres magouilles pas d'un homme en particulier mais de la masse abjecte qui profite du crime. Rythme saccadés comme le tapis roulant d'une broyeuse, qui tantôt s'accélère sur fond de sample de Full Metal Jacket. "Burning Inside" parle de la drogue et par ce fait de sa propre addiction, c'est aussi le premier titre de l'album où l'on est touché par l'évolution basique mais indéniable de la batterie.
Inspirée par le roman One Flew Over the Cuckoo's Nest de Ken Kesey qui sera adapté plus tard au cinéma pour donner un des chef-d'œuvre ultime de cet art, Vol au-dessus d'un nid de coucou, "Cannibal Song" basé sur la folie humaine et bercé par le saxo Lynchien de Marc Williams n'est peut être pas à prendre au strict premier degrés de la chose.

"Breathe" étouffante composition qui retrouve l'aspect tendu et à effet de compte à rebours de "Thieves", accompagné de son ami de Skinny Puppy Nivek Ogre. Al continue comme dans le précédant de dénoncer le viol de notre planète de par notre irrespect envers la nature, l'environnement, la pollution et les activités nucléaire mené par la course au "progrès".

"So What" chanson phare de l'album et une des plus longues du groupe, alterne entre couplet pensif et refrain violent matraqué par la batterie et tronçonné par la guitare. Si le thème principal est bien l'autodestruction, la violence urbaine, la sensation de faire mal pour vivre, ne prônant en aucun cas ces faits et gestes mais se demandant juste pourquoi, ce que la plupart des gens (et surtout les hauts placés) ne font pas. "Faith Collapsing" est une outro à l'album, instrumentaliste sur fond de 1984 et Fahrenheit 451, clôturant un album aux ambiances très diverses allant même jusqu'à incruster du Hip Hop dans "Test" en toute réussite, devenant le plus riche de Ministry.

La Bonus track "Dream Song" compris uniquement sur la version CD s'apparente à un clin d'oeil aux vielles influences du Ministère Indus, une ambiance Rock Gothique dépourvu de guitare, un chant féminin, bref très différent du reste mais néanmoins troublant.

En clair, cet album est chose terrible qu'il faut tester!



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pierre-o
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Jeu 14 Déc 2006 - 21:24

Merci à tous et à toutes pour vos critiques, Pins c'est mieux ! (ouep, j'ai tout lu !! Pas trop mon style vos musiques, mais justement c'est à ça que ça sert faire des chroniques, faire découvrir des trucs qui apparemment ne 'parlent' pas à tout le monde)

_______________


Aujourd'hui un groupe culte à faire découvrir aux p'tits jeunes et un album supraculte du monde indé je veux parler de

MY BLOODY VALENTINE avec "Loveless" (1991)





Tenir ce boitier rose pourpre dans les mains est déjà en soi une prise de risque. Le but serait-il d'agresser ? La pochette de "Loveless" est comme une première mise en garde au futur auditeur naïf à qui on ne fera pas de cadeau. Elle a aussi un pouvoir hypnotique... secouez la devant vos yeux, le carré pourpre devient plus fou et plus net à la fois... comme un mal de crâne qui ferait du bien en quelque sorte ; plus de contours, plus de limites.

Arrive l'heure de l'écoute... moment fébrile, comme toutes les premières fois. Avant de passer le disque sur la platine (où que sais-je) on sent déjà qu'il va se passer quelque chose. Et il se passe quelque chose.

Une réaction de rejet mêlée peut-être à un sentiment de frustration du style "putain, j'aimerais bien aimer ce genre de musique, de délire pseudo-intello mais Maman j'y arrive pas !". Traumatisme. Incompréhension. Dialectique intérieure. Remords ("mais que diable ai-je acheté ce truc" ?).

Ce qui traverse nos oreilles dès lors, ce qui les "empale", ce qui les attaque ce n'est rien d'autre que cet improbable maelström de guitares qui vous coupe en deux avec une hache mal affûtée de surcroît. C'est un vol de bourdon gigantesque couplé au décollage d'un 747. C'est un malaise. C'est une envie de revenir chez soi parce que l'on est perdu... c'est un bateau qui tangue et une envie de vomir subséquente.

"What you want", ce morceau incroyablement incroyable - d'ailleurs on y croit pas du tout - résume si bien la teneur, la saveur si étrange de l'album. Les guitares se suivent et ne se ressemblent pas, elle ne ressemblent à rien d'ailleurs si ce n'est à un ailleurs. Couches et surcouches de saturation. Traumatisme. Et peur de l'indigestion. Oui, cette musique est une onde épaisse qui vient gratter votre ouverture d'esprit jusqu'à la faire saigner. Une onde, une rumeur qu'on crierait au mégaphone... et là, point de répit pour l'auditeur naïf qui, pourtant, à la vue de la pochette, savait...

Il y a un chant... il y a des chants... des voix bleues, incertaines, sous ce "tas" vrombissant çà et là ses apocalypses sonores... des voix bleues sucrées, lointaines, sirènes qui semblent indiquer pour une fois la route à quiconque se prend pour Ulysse dans cette étrange odyssée sonique. Contrepoint discret à la bagarre générale qui prend de l'ampleur dans nos oreilles, elles se font floues pour paradoxalement tracer des contours, modeler, donner consistance à l'ensemble.

Il y aurait donc une plage de mélodies sous ces pavés "6 cordes" assomants ?

Infiniment oui... c'est de musique dont on parle ici et c'est une très grande nouvelle. "Loveless" vient taquiner, aime jouer, veut surprendre quiconque le défie. "Loveless" tient tête, éprouve les schémas musicaux, les redessine sans jamais essayer de les casser. Au fait, Kevin Shields est un génie perfectionniste et visionnaire ; ses guitares tirent des flèches qui lancent des énigmes sans jamais chercher de cible. A chacun de trouver sa solution - au vol.

My Bloody Valentine est un étrange animal, et il faudra peut-être du temps pour apprivoiser ce "Loveless" qui est un joli cheveu sur la langue de l'histoire musicale. C'est une musique qu'il faut aller chercher et qu'il ne faut pas attendre. Pas de rapport passif : l'auditeur est sollicité. On le prend par là main pour tout de suite le lâcher, sans roulettes, sans béquilles.

Accroché à des riffs lancinants, âpres, rèches, granuleux, surpuissants, ce même auditeur osera-t-il s'embarquer dans l'aventure de "Loveless". Rien n'est sûr et c'est magnifique.

MBV est un groupe irlandais, merci... ça me fait tellement de bien de penser qu'il y a autre chose que les Corrs, U2 ou les Cranberries dans ces vertes contrées...

"putain, ça y est : j'aime ce genre de musique"

___________

Citation :


Loveless - tracklist

1. Only Shallow
2. Loomer
3. Touched
4. To Here Knows When
5. When You Sleep
6. I Only Said
7. Come In Alone
8. Sometimes
9. Blown A Wish
10. What You Want
11. Soon






extraits/streaming >> http://www.radioblogclub.com/open/112838/my_bloody_valentine/My%20Bloody%20Valentine%20-%20Only%20Shallow ou http://www.radioblogclub.com/open/42370/my_bloody_valentine/My_Bloody_Valentine_Soon

Videos >> http://www.youtube.com/watch?v=njqRt7PH-5I (antérieure à "Loveless) ou http://www.youtube.com/watch?v=7mxJuFV6tCk

Le groupe n'est pas officiellement mort, cela dit ça fait plus de 15 ans qu'ils n'ont rien sorti... On entend souvent My Bloody Valentine ou Kevin Shields dans les films de Sofia Coppola par exemple notamment dans Lost In Translation >> http://www.youtube.com/watch?v=5PFC_c2yuBM
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Ven 15 Déc 2006 - 23:20

My Bloody Valentine je connais par mon frère c'est vrai que c'est pas mal :)

Pour le ministry, excellente chronique, moi je n'irai pas jusqu'à dire que c'est mon préféré parce que ça restera leur dernier, Rio Grande Blood, mais pas de loin, "Thieves" a fait grande impression chez moi :D

En fait ce qui les a détournés de leur idée principale (Psalm 69n The Mind..., etc), je pense que c'est l'influence de Prong qui est vraiment palpable sur les derniers, mais je pense pas que de toutes façons ils auraient pu continuer sur autant d'album avec la même idée que Psalm 69, ils ont su évoluer et du coup on se retrouve avec beaucoup de perles dans leur disco :)
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Lun 2 Avr 2007 - 10:56

Je me permet de relancer ce topic très intéressant et enrichissant :)
UP SAUVAGE en gros :D

Une chronique pas très récente, je l'avoue, mais qui me tient énormément à coeur :

THE FUTURE SOUND OF LONDON : LIFEFORMS
DOUBLE CD



Tracklist :
CD 1

01 - Cascade
02 - Ill Flower
03 - Flak
04 - Bird Wings
05 - Dead Skin Cells
06 - Lifeforms
07 - Eggshell
08 - Among Myselves

CD 2

01 - Domain
02 - Spineless Jelly
03 - Interstat
04 - Vertical Pig
05 - Cerebral
06 - Life Form Ends
07 - Vit
08 - Room 208
09 - Elaborate Burn
10 - Little brother


Genre : Ambient

Je me sens d'humeur lyrique, chroniquons donc un FSOL.

FSOL déjà, c'est une ambiance. A partir de peu de choses, tous leurs albums s'entrecroisent comme les tentacules des créatures mystiques qui peuplent leurs univers sonores.
Cet album est la pierre de voûte de cet ensemble.

Difficile de décrire un tel album, imaginez d'immenses paysages dépaysants, d'étranges formes de vies rampant, volant, poussant ça et là, passez le tout en sonore, vous aves Lifeforms.

Parfois, au milieu des promenades dans l'univers magnifique et effrayant de Lifeforms, un rythme, qui rappelle les antécédents IDM (Intelligent Dance Music) de FSOL (album "Accelerator"). Des rythmes fondus dans le reste, parfois un peu "ethniques" , mais ils restent néanmoins relativement rares et secondaires.

Lifeforms semble raconter une histoire, indéchiffrable mais étrangement familaire. Les plages sonores baignent le cerveau dans des fausses réminescences, chacun y trouve son petit coin, des souvenirs, tous différents selon les auditeurs remontent à la surfaces, tels des bulles dans les lacs du monde de lifeforms.

Certains passages de ces ambiances laissent n'importe quel auditeur attentif pantois, on se retrouve les yeux dans le vide, en se laissant absorber par une mélodie cachée, profonde. On tente de l'appréhender en entier, mais compte tenu de la richesse inégalable de lifeforms, c'est peine perdue. Car que ce soit clair, il est impossible d'explorer le monde de lifeforms en entier à la première visite, chaque écoute change l'état d'esprit, la perception.

Parfois, une voix, un bruit insolite, une mélodie dissonante prend le dessus ; on perçoit les changements du monde, les respirations, les parasites. Tout celà rendu avec une précision sonore qui atteint la perfection, prenant en effet le pied sur les autres sens, les mobilisant au services des ambiances.
En effet, des visions s'imposent à celui qui écoute, presque des odeurs, des sensation de toucher... Très souvent végétales... Jamais rien de concret bien entendu, mais Lifeforms est par essence étheré.

On aimerait fermer les yeux pour mieux entrer en symbiose avec le son, enfin moi j'aimerai, mais écrire les yeux fermés c'est bof. Nan sans dec', je suis lyrique mais sérieux.

Pour parler un poil technique, il est je pense inutile de préciser que le mix de cet univers sonore (ou pas ?) est irréprochable, tout contribue à l'atmosphère décrite.

Parfois, une lourde basse, un son imposant occupe l'espace, on imagine le passage d'une créature indescriptible. Puis suit alors une accalmie, prfondément mélodique comme sur le chapître "Domain". Je parle de chapître car cet univers avance dans le temps, il est mobile et l'auditeur le suit de gré ou de force, passant par les joies, les peines... concepts qui restent personnels, car dans la grandeur de Lifeforms, ça ne veut plus dire grand chose. C'est un tout. C'est d'ailleurs pour ça qu'on écoute pas Spineless Jelly, de Lifeforms, on écoute Lifeforms, de FSOL. Pas de tracks à écouter en priorité donc. Tout se suit.

Qui dit univers à ambiances dit ambiances sombres, elles ne sont pas en reste. Citons celle présente sur "Vertical Pig", terrifiante, immense, paniquante, on a un sentiment de chute, lente par sa grandeur, un passage vraiment vertigineux.

Par moment, des surprises nous guettent au coin de Lifeforms, des passage electro, intégrés dans l'ensemble, tranchent avec le reste. Ces moments là sont très agréables et permettent de reprendre le voyage avec plaisir. Car FSOL, sans diluer ni trop concentrer, possède la science du cocktail sonore, un zeste de plage ambient, une touche de rythme/percussions, des mélodies cachées qui révèlent une partie d'elles-même, comme un morceau de chair dans son affriolante nudité...

Vous l'aurez compris, un album intemporel, indescriptible, hors concours, à part, absolument incontournable, si ce n'est par amour de cette musique, au moins par amour du dépaysement.

10/10, haut le pseudopode.
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pierre-o
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   Lun 2 Avr 2007 - 14:44

Cool, j'vais jeter une oreille là-dessus ! J'aurais bien aimé que tu nous mettent des références pour qu'on sache un peu, avant d'écouter, à quoi ça peut ressembler :)
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MessageSujet: Re: Critique d'album.   

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