| | Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager | |
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Omniscient Naratress Membre occasionnel

 Age : 17 Inscrit le : 18 Juin 2006 Messages : 48 Localisation : Dans ma microscopique chambre (même pas comptée par les impots... Si c'est pas une honte u_u... XD).
| Sujet: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Lun 19 Juin 2006 - 21:34 | |
| Ici, je voudrais que ceux que ça interesse postent les extraits de livres ou court textes qu'ils peuvent lire et relire sans se lasser. Je pense que ça serait un bon moyen de se mettre l'eau à la bouche.
| Citation: | Tu es plus belle que le ciel et la mer
Quand tu aimes il faut partir Quitte ta femme quitte ton enfant Quitte ton ami quitte ton amie Quitte ton amante quitte ton amant Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses* Des femmes des hommes des hommes des femmes Regarde les beaux magasins Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre Et toutes les belles marchandises II y a l'air il y a le vent Les montagnes l'eau le ciel la terre Les enfants les animaux Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre Donne prends donne prends Quand tu aimes il faut savoir Chanter courir manger boire Siffler Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir Ne larmoie pas en souriant Ne te niche pas entre deux seins Respire marche pars va-t'en
Je prends mon bain et je regarde Je vois la bouche que je connais La main la jambe l'œil Je prends mon bain et je regarde Le monde entier est toujours là La vie pleine de choses surprenantes Je sors de la pharmacie Je descends juste de la bascule Je pèse mes 80 kilos Je t'aime
Blaise Cendrars
* nègres, négresses : Blaise Cendrars utilise le mot alors en usage ; ces termes n'ont rien de péjoratif ou de méprisant. |
Je trouve ce poème vraiment joli ^_^. Ca parait tout bête, mais j'adore le concept de "quand on aime, il faut partir".
| Citation: | Elle arriva sur le palier et, ô surprise, trouva Howl sur le seuil de sa chambre. négligemment appuyé au chambranle d'une main, il bloquait entièrement le passage. -Non, non, pas question, dit-il aimablement. Je préfère qu'elle reste sale, merci. Sophie en resta bouche bée de stupeur. -Par où êtes vous revenu ? Je vous ai vous sortir ! -C'est ce que je voulais. Vous vous êtes déchainée avec Calcifer et le pauvre Michael. Il tombait sous le sens que ce serait mon tour aujourd'hui. Et, contrairement à ce que Calcifer a pu vous dire, je suis un vrai sorcier, figurez-vous. Vous n'aviez pas imaginé que je puisse recourir à la magie ? Voilà qui ruinait toutes les hypothèses de Sophie. Pourtant, elle aurait préféré mourir plutôt que de l'admettre. -Tout le monde sait que vous êtes un sorcier, jeune homme, dit-elle d'un ton sévère. Mais cela n'empêche pas votre chateau d'être l'endroit le plus sale que je connaisse au monde. Elle inspecta la chambre par dessus la longue manche bleue et argent de Howl. Le tapis était jonché de débris, comme un nid d'oiseau. Elle aperçut des murs caillé, une étagère surchargée de livres dont certains paraissaient très louches. Pas de coeurs grignotés empilés quelque part ; ils étaient sans doue cachés derrière l'énorme lit à colonnes ou en dessous. Les rideaux de ce lit, gris de poussière, empêchaient de voir sur quoi donnait la chambre. Howl agita sa manche sous le nez de Sophie. -Hé, vous ! Assez fureté comme ça ! -Je ne furète pas, protesta Sophie. Mais cette chambre, c'est... c'est... -Oh ! Si, vous furetez, s'emporta Howl. Vous êtes une vieille bonne femme terriblement fureteuse, horriblement tyranique et effroyablement propre ! Contrôlez-vous, au lieu de nous persécuter tous ! -Mais c'est une porcherie ici ! s'écria Sophie. Et je ne peux pas m'empecher d'être ce que je suis ! -Bien sûr que si. Et moi, j'aime ma chambre comme elle est. Vous devez admettre que j'ai le droit de vivre dans une porcherie si j'en ai envie. Maintenant, descendez et trouvez autre chose à faire, de grâce. Je deteste les querelles. Sophie ne pouvait que rebrousser chemin en boitillant, accompagnée du cliquetis de son seau. Elle était un peu perturbée, et très surprise qu'il ne l'ai pas jetée dehors à la minute. Mais comme ce n'était pas le cas, elle réflechit à ce qui convenait de faire tout de suite. Elle ouvrit la porte voisine de l'escalier, découvrit que la pluie avait presque cessé et descendit dans la cour, toute contente Puis elle amorçat une remise en ordre radicale des montagnes d'immondices ncore ruisselantes. Il y eu un bruit métalique et Howl réapparut, trébuchant sur une grande plaque rouillée que Sophie s'apprêtait à déplacer. -Non, ici non plus, dit-il. Vous êtes une terreur, décidément ! Ne touchez pas àç cette cour. Je sais exactement ou se trouve chaque chose. Si vous mettez votre nez là-dedans, je serai incapable de retrouver ce dont j'ai besoin pour mes sortilèges de transport. C'est qu'il y avait probablement dans un coin un paquet d'âme ou une boîte de coeurs mastiqués, traduisit Sophie. Elle se sentit comme pieds et mains liés. -Mais enfin, c'est justement pour faire la ménage que je suis ici ! tonna-t-elle. -Alors il faudra que vous trouviez un nouveau sens à votre existence, repartit Howl. L'espace d'un instant, il parut sur le point de perdre son calme. Ses étranges yeux pâles décrocherent à Sophie un regard furieux. Mais il se maîtrisa pour dire tranquillement : -Allons, rentrez à la maison en vitesse, vieille chouette déchainée, et trouvez un autre jeu avant que je ne me mette en colère. Je déteste me mettre en colère. Sophie croisa ses bras maigres. Elle n'aimait pas du tout le regard glacial de ces yeux transparents. -Naturellement, vous detestez vous mettre en colère, rétorqua-t-elle. Vous detestez tout ce qui vous dérange, non ? Vous êtes le champion de la dérobade, voilà ce que vous êtes ! Vous vous défilez devant tout ce que vous n'aimez pas ! Howl grimaça et eu un sourire contraint. -Bon, ça suffit, dit-il. Comme ça, chacun sera sans illusion sur les défauts de l'autre. Maintenant, rentrez à la maison tout de suite. Allez ouste ! Il marcha sur Sophie pour la faire reculer vers la porte. Dans un mouvemant, sa longue manche se prit au bord de la plaque métallique et le brocart se déchira. -Damnation ! s'exclama-t-il en saisissant la pointe de tissu à moitier arrachée. Regardez ce que vous me faites faire ! -Je peux le réparer, dit Sophie. Howl lui décrocha un autre regard glacial. -Ah, vous recommencez ! Vous devez adorer la sevitude ! Il fit délicatement passer le tissu déchiré entre les doigts de sa main droite. La soie bleue et argent en sortit intacte. -Voilà ! s'écriat-il. C'est compris ?
Extrait de [b]Howl's moving Castle, de Diana Wyne Jones |
J'adore ce livre XD. Il est tout particulièrement génial. Une adaptation en dessin animé a été faite (par Miyazaki, s'il vous plaît), mais elle n'a pas été à la hauteur de mes esperances... Pour la simple et bonne raison que Howl perdait tout le charme de son caractère catastrophique XD. Or dans cet extrait, je trouve que cet aspect du personnage est aisement perseptible : un homme completement pueril qui vit dans un château bordelique ou chacun subit ses caprices. Je l'adore.
Pour le moment, j'ai surtout ces deux extraits là. Et vous ? _________________ IMPORTANT : Si mon pseudo vous parait trop agaçant à recopier, z'avez qu'à m'appeler Omna XD ! Mon adresse sur deviantart |
|  | | percylilou Membre occasionnel
Inscrit le : 10 Mai 2006 Messages : 61 Localisation : Neufchateau
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Lun 19 Juin 2006 - 22:12 | |
| "je pese mes 80 kilos Je t'aime"
ca fait partie des trucs de fou qui me guident depuis que je les ai entendus... c'est incroyable de revoir ca écrit ici...
bon perso, j'en fais 60 tout mouillé...
dans les extraits ou citations je vais faire court pour ce soir mais j'y reviendrais...
| Citation: | | Les hommes sont comme des herissons dans une nuit glaciale : trop près, ils se blessent ; trop loin, ils crèvent de froid. |
la suite (d'autres plutôt) au prochain passage _________________ L'église est proche mais la route est verglacée. Le bar est loin, mais je marcherai avec prudence.
Les hommes sont commes des hérissons dans une nuit glaciale, trop près ils se blessent, trop loin, ils crevent de froid... |
|  | | zeckl Pilier du Forum

 Age : 19 Inscrit le : 16 Juin 2006 Messages : 613 Localisation : Cherwood / Caen
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Mar 20 Juin 2006 - 8:27 | |
| Ouahahaha il a l'air chiant ce Howl ! :mwahaha:
Une fois n'est pas coutume, je vais encore vous harceler avec Eco...
Ce sont les premiers mots du Pendule de Foucault que je suis en train de terminer.... Où une sorte de Da Vinci Code (Marie-Madeleine, Mérovingiens et compagnie sauf que le mystère qui dévoile réside dans Les Noces de Cana ) .... Donc c'est con, mais dès que j'ai lu les premiers mots, j'ai su que j'allais accrocher, et j'sais pas pourquoi... Il m'a foudroyé...
| Umberto Le Magnifique (lol) a écrit: |
"C'est alors que je vis le Pendule. La sphère, mobile à l'extrémité d'un long fil fixé à la voûte du choeur, décrivait ses amples oscillations avec une isochrone majesté.
Je savais -mais quiconque aurait dû s'en rendre compte sous le charme de cette paisible respiration- que la période était réglée par la relation entre la racine carrée de la longueur du fil et ce nombre PI qui, irrationnel aux esprits sublunaires, par divine raison lie nécessairement la circonférence au diamètre de tous les cercles possibles -si bien que le temps de l'errance de cette sphère d'un pôle à l'autre était l'effet d'une mystérieuse conspiration entre les plus intemporelles des mesures, l'unité du point de suspension, la dualité d'une dimension abstraite, la nature ternaire de PI, le tétragone secret de la racine, la perfection du cercle. Je ne savais pas encore que, à la verticale du point de suspension, à la base, un dispositif magnétique, communiquant son rappel à un cylindre caché au coeur de la sphère, garantissait la constance du mouvement, artifice destiné à contrecarrer les résistances de la matière, mais qui ne s'opposait pas à la loi du Pendule, lui permettant même de se manifester, car dans le vide n'importe quel point matériel lourd, suspendu à l'extrémité d'un fil inextensible et sans poids, qui ne subirait pas la résistance de l'air, et ne produirait pas de friction avec son point d'appui, eut oscillé, de façon régulière, pour l'éternité.
De la sphère de cuivre émanaient des reflets pâles et changeants, frappée qu'elle était par les derniers rayons du soleil qui pénétraient à travers les vitraux. Si, comme autrefois, elle avait effleuré de sa pointe une couche de sable humide étendue sur les dalles du choeur, elle aurait dessiné à chaque oscillation un sillon léger sur le sol, et le sillon, changeant infinitésimalement de direction à chaque instant, se serait élargi de plus en plus en forme de brèche, de tranchée, laissant deviner une symétrie rayonnée -comme le squelette d'un mandala, la structure invisible d'un pentaculum, une étoile, une rose mystique. Non, plutôt une histoire, enregistrée sur l'étendue d'un désert, de traces laissées par d'infinies caravanes erratiques. Un récit de lentes et millénaires migrations,peut-être ainsi les Atlantes s'étaient-ils déplacés du continent de Mu, en un vagabondage obstiné et possessif, de la Tasmanie au Groenland, du Capricorne au Cancer, de l'île du Prince-Edouard aux Svalbard. La pointe répétait, racontait de nouveau en un temps très resseré, ce qu'ils avaient fait de l'une à l'autre glaciation, et peut-être faisaient encore, désormais messagers des Seigneurs - peut-être dans le parcours entre les îles Samoa et la Nouvelle-Zemble la pointe effleurait-elle, dans sa position d'équilibre, Agarttha, le Centre du Monde. Et j'avais l'intuition qu'un plan unique unissait Avalon, l'hyperboréenne, au désert austral qui abrite l'énigme de Ayers Rock.
[...]
Mais ce n'était pas cette déviation hors de la Loi, que d'ailleurs la Loi prévoyait, ce n'était pas cette violation d'une mesure d'or qui rendait moins admirable le prodige. Je savais bien que la Terre tournait, et moi avec elle, et Saint-Martin-des-Champs et tout Paris avec moi, et qu'ensemble nous tournions sous le Pendule qui, en réalité, ne changeait jamais la direction de son propre plan, parce que là haut, d'où il pendait, et le long de l'infini prolongement idéal du fil, en haut, vers les plus lointaines galaxies, se trouvait, figé pour l'éternité, le Point Immobile.
La Terre tournait, mais le lieu où s'encrait le fil était l'unique point fixe de l'univers."
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© Umberto Eco, Le Pendule de Foucault - 1990
Faudrait aussi que j'retrouve ce passage, de Voltaire, où l'Ingénu est dans un lac et attend qu'on le baptise.... |
|  | | b0ut-de-ficelle Membre occasionnel

Inscrit le : 28 Mai 2006 Messages : 44
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Mer 21 Juin 2006 - 12:41 | |
| | Citation: | | La voiture pila et Paulette se mangea l'appuie tête. |
P 547 de 'ensemble, c'est tout' d'Anne Gavalda. C'est plus fort que moi, j'adore cette phrase !!!
il y a aussi cet extrait de Hell que j'aime beaucoup :
| Citation: | | Tout ce temps, tous ces visages, tous ces cris de jouissance, ces étreintes sans âmes au petit matin, quand la nuit n'est plus, le jour n'est pas encore, ton orgasme prend fin, et tes yeux se dessilent, ta chambre n'est qu'un bordel, Baudelaire est mort et, dans tes bras, il n'y a qu'une putain... |
bon allez, un peu de Shakespeare aussi :
| Citation: | POLONIUS. -Me reconnaissez-vous, monseigneur ? HAMLET. -Parfaitement, parfaitement : vous êtes un marchand de poisson. POLONIUS. -Non monseigneur. HAMLET. -Alors, je voudrais que vous fussiez honnête comme un de ses gens là. POLONIUS. -Honnête monseigneur ? HAMLET. -Oui, monsieur.Pour trouver un honnête homme, au train dont va le monde, il faut choisir entre dix mille. |
_________________ "Soyez réalistes, demandez l'impossible !"
pouet |
|  | | K4Breathing Komrad Karibou


 Age : 15 Inscrit le : 12 Juin 2006 Messages : 1564 Localisation : Lille :)
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Dim 13 Aoû 2006 - 15:03 | |
| Aaaah, pourquoi n'ai-je point vu ce topic plus tôt ? :
Voici un extrait de "Autres bêtes, Chats" de Colette. Trouvé ça à côté d'une photo de Jane Brown montrant un chat noir vraiment adorable, j'ai dégusté :
| Citation: | Le petit chat noir
J'ai peu vécu de la vie terrestre, où j'étais noir. Noir entièrement, sans tache blanche au poitrail, ni étoile blanche au front. Je n'avais même pas ces trois ou quatre poils blancs, qui poussent aux chats noirs dans le creux de la gorge, sous le menton. Robe rase, mate, drue, queue maigre et capricieuse, l'oeil oblique et couleur verjus, un vrai chat noir.
Mon plus lointain souvenir remonte à une demeure où je rencontrai, venant à moi du fond d'une salle longue et sombre, un petit Chat blanc. Quelque chose d'inexplicable me pouss au-devant de lui, et nous nous arrêtâmes nez à nez. Il fit un saut en arrière, et je fis un saut en arrière en même temps. Si je n'avais pas sauté ce jour-là, peut-être vivrais-je encore dans le monde des couleurs, des sons et des formes tangibles...
Mais je sautai, et le Chat blanc crut que j'étais son ombre noire. En vain j'entrepris, par la suite, de le convaincre que je possédais une ombre bien à moi. Il voulait que je ne fusse que son ombre, et que j'imitasse sans récompense tous ses gestes. S'il dansait je devais danser, et boire s'il buvait, manger s'il mangeait, chasser son propre gibier. Mais je buvais l'ombre de l'eau, et je mangeais l'ombre de la viande, et je me morfondais à l'affût sous l'ombre de l'oiseau...
Le Chat blanc n'aimait pas mes yeux verts, qui refusaient d'être l'ombre de ses yeux bleus. Il les maudissait, en les visant de la griffe. Alors je les fermais, et je m'habituais à ne regarder que l'ombre qui régnait derrière mes paupières. Mais c'était là une pauvre vie pour un petit Chat noir. Par les nuits de lune je m'échappais et je dansais faiblement devant le mur blanc, pour me repaître de la vue d'une ombre mienne, mince et cornue, à chaque lune plus mince, et encore plus mince, qui semblait fondre...
C'est ainsi que j'échappai au petit Chat blanc. Mais mon évasion est une image confuse. Grimpai-je le long du rayon de lune ? Me cloîtrai-je à jamais derrière mes paupières verrouillées ? Fus-je appelé par l'un des chats magiques qui émergent du fond des miroirs ? Je ne sais. Mais désormais le Chat blanc croit qu'il a perdu son ombre, la cherche, et longuement l'appelle. Mort, je ne goûte pourtant pas le repos, car je doute. Peu à peu s'éloigne de moi la certitude que je fus un vrai chat, et non pas l'ombre, la moitié nocturne, le noir envers du chat blanc. |
_________________ DeviantArt - Photos - гдт(гieи дv тovт)
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|  | | Pins Chef de la Brigade Anti-Emo


 Age : 18 Inscrit le : 24 Juil 2006 Messages : 1183 Localisation : 44
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Dim 13 Aoû 2006 - 18:42 | |
| | Citation: | | Il est vrai que j'ai logé six balles dans la tête de mon meilleur ami, et pourtant je ne suis pas son meurtrier. |
J'ai pas en tête la citation au mot près, mais c'est ça ^^.
H.P. Lovecraft - Le monstre sur le seuil
Je la trouve plutôt sympa, c'est le tout début, l'incipit de l'incipit. L'art de mettre en bouche :.
Mais sinon, j'ai une très mauvaise mémoire pour ce qui est des citations/dates, donc je suis mal barré dans un topic de ce genre. Je cite juste l'intégrale des Racontars de Jorn Riel parce que tout est à crever de rire ya pa de sélection possible :ot: . _________________ Membre du CDGQNAPAUCDLOMQADEMFEVDCANLPLEQADPPSSAFLMTCSUSACEPSSCME (Club Des Gens Qui N'Aiment Pas Avoir Un Cil Dans L'Oeil Mais Qui Apprécient D'Etre Membre Fondateur Et Viril Du Club Au Nom Le Plus Long Et Qui Assume De Plus Parfaitement Son Snobisme A Fissurer Les Murs Tiens Ce Serait Une Stratégie A Creuser En Poliorcétique Si Si Ce Mot Existe). |
|  | | marvin Un ballon?


Age : 26 Inscrit le : 04 Mai 2006 Messages : 1870 Localisation : avignon
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Dim 13 Aoû 2006 - 19:01 | |
| un extrait du livre de Michel Onfray: Politique du rebelle : traité de résistance et d’insoumission, qui trace le portrait du citoyen de base docile et dressé par l'état... plus vous trouverez des caractèristiques propres à vous même et plus vous aurez du soucis à vous faire
| Citation: | | "l'homme unidimmensionnel" on connait son portrait: illetré, inculte, cupide, limité, sacrifiant aux mots d'ordre de la tribu, arrogant, sûr de lui, docile, faible avec les forts, fort avec les faibles, simple, prévisible, amateur forcené de jeux et de stades, dévot de l'argent et sectateur de l'irrationnel, prophète spécialisé en banalités, en idées courtes, sot, niais, narcissique, égocentrique, grégaire, consumériste, consommateur des mythologies du moment, amoral; sans mémoire, raciste, cynique, sexiste, misogyne, conservateur, réactionnaire, opportuniste et porteur encore de quelques traits qui définissent un fascisme ordinaire. |
_________________ tain j'ai pas d'idée pour faire une signature originale... -_-'
http://psykomarvin.deviantart.com/ |
|  | | No leg Geisha Membre novice

Inscrit le : 15 Aoû 2006 Messages : 20 Localisation : Toulouse
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Mar 15 Aoû 2006 - 1:27 | |
| Le petit chat noir, j'adore. Je connaissais pas du tout et c'est vraiment joli, fluide. Bref, merci K4Breathing... Si t'en as d'autres, je suis preneur!
Moi je vous mets des textes moins jolis et plus discutables, qui m'ont tous les deux pas mal interpelé.
Le premier est de Jean-Louis Costes, adressé principalement aux minorités immigrées en France, mais dont les ptits Caucasiens peuvent tirer quelque chose aussi je crois. Il s'appelle "Casse ta race". En dehors du propos, je le trouve bien balancé, percutant. Un artiste parisien (par ailleurs pas très intéressant je trouve), Vaquette, en fait une super lecture, que je peux vous filer en mp3 si ça vous intéresse, y a un texte lu par Ferré en fond, ça donne quelque chose de bon.
| Citation: | Tu respectes ton père ? Pourquoi tu le respectes ce vieux connard, ton père? Pourquoi tu le respectes ce vieux nègre? Il te fait chier, il te prend la tête toute la journée avec ses traditions d'Afrique, Il a rien compris, il attend devant la télé toute la journée, Toujours malade, toujours fatigué, toujours attendant le paiement des assedics Et il gueule. Et il fait chier ta soeur, Et il te fait chier, et il fait chier tout le monde. Pourquoi tu le respectes ce connard? Pourquoi tu respectes ta race? Allez casse ta race, casse ta race, comme moi je casse ma race.
Je casse bien la mienne, ouais bien sûr que je casse ma race. Ma race c'est de la merde, les blancs c’est de la merde. Regarde-les, ces connards devant l'église en train de prier pour quelques sans-papiers, Ah ! Mais ça te dégoûte pas leur Sidaction, tout leur bordel Leur charité, leurs actions en Afrique, Kouchner tout blanc devant les parachutistes, Ah ils sont beaux les blancs?! Ils sont beaux les blancs?? Il est beau mon père? Il est beau ma mère? C'est des cons, c'est des salauds, c'est de la merde! Eh attention là, mon père ma mère c'est sacré! Faut pas y toucher ! Tu respectes ta mère !? Mais tu respectes quoi? Qu'une salope écarte les cuisses et se fasse bourrer le cul? Où tu vois le mérite dans tout ça ? Ah c'est facile de procréer, Il suffit de baiser ! Tout le monde a envie de baiser ! Tu respectes ça quand tu tires ton coup? Tu respectes ton sperme? Non, eh ben respecte pas le sperme de ton père, respecte pas le sperme de ta mère ! Casse ta race comme je casse la mienne!
Je hais mon père, je hais ma mère, je hais mes frères. Je hais tous les frères de la terre, tous les frères de la terre, tous ! Et toi quand je t'entends parler de tes frères, appeler quelqu'un ton frère, Quand quelqu'un m'appelle son frère, ça me dégoûte! Ca me rappelle mon frère, et mon frère c’est un enculé Et mon père c'est un pédé de merde qui me touchait la queue quand j'étais enfant.
Quoi, ton père il a jamais essayé de toucher le cul de ta soeur? Ton père il t'a jamais caressé l'anus? Il en a rêvé, sois en sur! Il en a rêvé quand il était bourré avec l'argent des assedics, Il dépensait l'argent des assedics en bières ! Oui je l'ai vu à l'épicerie, avec ses sacs plastique pleins de consignes de bières, Tous les jours il claquait le pognon en bière ou en tiercé ou en loto. Au lieu de te nourrir. Au lieu de t'apprendre quelque chose. Au lieu de t'apprendre à critiquer. T'apprendre à casser ta race. Allez, casse ta race. Casse ta race, comme moi je casse ma race!
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Le second est en anglais. J'espère ne pas me recevoir une bardée de jurons en le postant, vous trouverez des traductions sur le net si besoin est. Sinon je vous aide volontiers. C'est un poème de Charles Bukowski. J'adore le lire à haute voix, il est vraiment superbe. Et la justesse de Bukowski est impressionnante, juste à la bonne mesure je trouve.
| Citation: | Born like this Into this As the chalk faces smile As Mrs. Death laughs As the elevators break As political landscapes dissolve As the oily fish spit out their oily prey We are Born like this Into hospitals which are so expensive that it's cheaper to die Into lawyers who charge so much it's cheaper to plead guilty Into a country where the jails are full and the madhouses closed Into a place where the masses elevate fools into rich heroes Born into this Walking and living through this Dying because of this Castrated Debauched Disinherited Because of this The fingers reach toward an unresponsive god The fingers reach for the bottle The pill The powder We are born into this sorrowful deadliness There will be open and unpunished murder in the streets It will be guns and roving mobs Land will be useless Food will become a diminishing return Nuclear power will be taken over by the many Explosions will continually shake the earth Radiated men will eat the flesh of radiated men The rotting bodies of men and animals will stink in the dark wind And there will be the most beautiful silence never heard Born out of that The sun still hidden there Awaiting the next chapter.
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Voilà, j'espère que ça vous plaira. |
|  | | K4Breathing Komrad Karibou


 Age : 15 Inscrit le : 12 Juin 2006 Messages : 1564 Localisation : Lille :)
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Mar 15 Aoû 2006 - 9:44 | |
| Magnifique ce poème ! Encore un dont le rythme ne se ressent que dans sa langue maternelle... Si je savais parler toutes les langues, ce serait merveilleux... :(: _________________ DeviantArt - Photos - гдт(гieи дv тovт)
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|  | | Nine Admine Tyrannique


 Age : 20 Inscrit le : 19 Déc 2005 Messages : 2983 Localisation : Paris 10
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Mar 15 Aoû 2006 - 12:43 | |
| Magnifique poème...
Je vais le relire a voix haute je crois.. :sprint: _________________
9-nine-9 >3615 My Life >Membre de la BBB (Brigade Bled & Bescherelle) "Nous traquons les fautes et matraquons les fautifs." >Présidente de la SV13 (Société du Vendredi 13) "Avec nous, les nouveaux vont filer doux!" |
|  | | No leg Geisha Membre novice

Inscrit le : 15 Aoû 2006 Messages : 20 Localisation : Toulouse
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Mar 15 Aoû 2006 - 19:29 | |
| | K4Breathing a écrit: | Magnifique ce poème ! Encore un dont le rythme ne se ressent que dans sa langue maternelle... Si je savais parler toutes les langues, ce serait merveilleux... :(: |
C'est un vrai problème ça. Que n'ont pas les photographes, dessinateurs et autres sculpteurs. Peu d'artistes en fait en dehors des écrivains et, dans une moindre mesure, les cinéastes. On est limité à la littérature de sa langue. Parce que même avec une bonne connaissance d'une langue étrangère, il est très dur d'avoir le ressenti d'un locuteur naturel. Et les traductions sont souvent trop médiocres...
C'est vraiment chiant ça... |
|  | | K4Breathing Komrad Karibou


 Age : 15 Inscrit le : 12 Juin 2006 Messages : 1564 Localisation : Lille :)
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Ven 18 Aoû 2006 - 11:33 | |
| Un texte de Antonio Lobo Antunes, écrivain et psychiatre portuguais qui fut traumatisé par la guerre d'Angola. J'ai découvert un de ses romans à Avignon, nommé Le Cul de Judas, que je recommande sous menace d'arme. Un texte très fort et superbe, cet extrait est dans le registre de l'ironie, ce n'est que le début car le reste est totalement bourré de scènes sanglantes, passant en revue toutes les réalités de la guerre.
| Citation: | « Les tantes avançaient par à-coups, comme les danseuses des boîtes à musique à la fin de leur course, elles pointaient sur mes côtes la menace incertaine de leurs cannes... et proclamaient aigrement : « Tu es maigre » comme si mes clavicules saillantes avaient été plus honteuses qu'une marque de rouge à lèvres sur mon col de chemise.
« Heureusement, le service militaire fera de lui un homme. » Cette vigoureuse prophétie, transmise tout au long de mon enfance et de mon adolescence, se prolongeait en échos stridents sur les tables de « canasta » avec lesquelles les femelles du clan offraient à la messe du dimanche un contrepoids païen, à deux centimes le point... Les hommes de la famille, dont la pompeuse sérénité m'avait fasciné, avant ma première communion, quand je ne comprenais pas encore que leurs conciliabules murmurés, inaccessibles et vitaux comme des Assemblées de dieux, étaient uniquement destinés à discuter les tendres mérites des fesses de la bonne... Le spectre de Salazar faisait planer sur les calvities les pieuses petites flammes du Saint Esprit Corporatif, qui nous sauverait de l'idée ténébreuse et délétère du socialisme. La P.I.D.E. poursuivait courageusement sa valeureuse croisade contre la notion sinistre de démocratie, premier pas vers la disparition de la ménagère en Christofle dans les poches avides des journaliers et des petits commis...
De sorte que, lorsque je me suis embarqué pour l'Angola, à bord d'un navire bourré de troupes, afin de devenir, enfin, un homme, la tribu reconnaissante envers le Gouvernement, qui m'offrait la possibilité de bénéficier gratuitement d'une telle métamorphose, a comparu en bloc sur le quai, consentant dans un élan de ferveur patriotique à être bousculée par une foule agitée et anonyme... qui venait là assister impuissante à sa propre mort. » |
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|  | | pierre-o Invité
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Ven 18 Aoû 2006 - 20:28 | |
| | Citation: | "Les pierres de la muraille incasique étaient plus grandes et plus étranges que je n'avais imaginé ; au-dessous de la façade chaulée - aveugle de ce côté -, elles semblaient grouiller. Je me rappelai alors les chansons quechuas où revient constamment un thème pathétique : yawar mayu, fleuve de sang ; yawar unu, eau sanglante ; puk-tik'yawar k'ocha, lac de sang bouillonnant ; yawar wek'e, larmes de sang. Ne pourrait-on pas dire yawar rumi, pierre de sang ? Ou puk'tik'yawar rumi, pierre de sang bouillonnant ? Le mur était statique, mais il bouillonnait par toutes ses lignes et sa surface était aussi changeante que celle des fleuves en été dont le plus profond se trouve au centre de leur lit : zone terrible parce que la plus puissante. Les Indiens appèlent yawar mayu ces fleuves troubles parce qu'ils montrent en plein soleil une brillance qui ressemble à celle du sang. Ils appellent aussi yawar mayu le moment violent des danses guerrières, celui où les danseurs se mettent à lutter.
- Puk'tik, yawar rumi ! m'écriai-je à voix haute, face au mur.
Et comme la rue restait silencieuse, je répétai plusieurs fois la phrase." |
Extrait issu du premier chapitres des Fleuves profonds de José María Arguedas (1958). C'est le livre le plus connu du Pérou, qui rend hommage aux indigènes (ce livre étant à l'origine du courant du néo-indigéniste pour les puristes !) et à la beauté naturelle de ce pays.
Le héros âgé de 14 ans, Ernesto, découvre pour la première fois Cuzco et s'émerveille devant un mur de conception inca. |
|  | | pierre-o Invité
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Ven 18 Aoû 2006 - 22:33 | |
| | No leg Geisha a écrit: | C'est un poème de Charles Bukowski. J'adore le lire à haute voix, il est vraiment superbe. Et la justesse de Bukowski est impressionnante, juste à la bonne mesure je trouve.
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Oui, puis il n'y a pas que le fond chez Bukowski, il y a toujours chez lui une rythmique tendue dans ses phrases ou dans ses ver(re)s... véritablement un écorché vif, alcoolisé mais à fleur de peau... Le pauvre faisait dans l'autodestruction et, forcément ai-je envie de dire, la transformait en une lucidité froide... c'est passionnant de revoir les images de lui à la téloche... il y en a plus bcp des comme ça si l'on se rend bien compte... |
|  | | K4Breathing Komrad Karibou


 Age : 15 Inscrit le : 12 Juin 2006 Messages : 1564 Localisation : Lille :)
| Sujet: Re: Extraits de livres / Textes que vous aimeriez partager Dim 20 Aoû 2006 - 13:56 | |
| | Citation: | | Nous avons eu l'occasion de changer le monde et avons préféré le télé-achat. |
Ce cher Stephen King  _________________ DeviantArt - Photos - гдт(гieи дv тovт)
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